J’ai 18 ans. On s’en branle.

août 6th, 2009 § 1

J’ai 18 ans. Maintenant. À l’instant où j’écris ces lignes, 18 ans exactement se sont écoulés depuis que je suis sorti tête la première du vagin anormalement agrandi de ma mère un Mardi 5 Août 1991 naissant, à une heure du matin. Aujourd’hui, Mercredi 5 Août 2009, 1h01 (déjà), confortablement installé sur les couettes moelleuses de ma chambre douillette, un trip-hop de qualité déroulant à faible volume sur les enceintes (Tricky, wispect), j’écris ces quelques lignes.
Nonobstant les bugs intempestifs de mon WordMac cracké qui ferme aléatoirement, surprenant le quidam malavisé qui n’aurait pas sauvegardé son travail, je prends le temps d’écrire et de marquer le coup. Parce que je ne pourrais pas le faire deux fois. Parce que j’ai une leucémie et que je vais mourir dans deux semaines. Non je déconne. Désolé à mes lecteurs leucémiques. De toute façon dans trois semaines cette blague n’aura plus d’importance pour toi.
Je vais essayer de ne pas la jouer instrospection-trip-hop-ambiance ouatée de base, parce que je risque de faire chier mes lecteurs. Il est d’ailleurs amusant/triste de constater que je ne puisse concevoir l’acte d’écrire autrement que comme transitif. J’écris pour. J’écris pour des lecteurs, j’écris pour des échos, j’écris pour mon blog. J’aurais l’air bien con autrement, tiens. Peut-être que j’oserais être plus vrai si j’écrivais seulement pour moi. Peut-être qu’enfin ce que je raconterais aurais du poids, de l’intérêt, un fois que j’aurais abandonné l’idée que je stagne dans une situation d’énonciation perdue au fin fond de la toile et ses maxi-flux en compétition. J’écris pour être compétitif. J’écris pour être lu. Ce qui est finalement amusant est de constater que c’est dans le cas de la situation que j’écris le plus pour « moi ». « Moi » veut se sentir exister, et c’est à travers ces réflexions inutiles qu’il le fait. « Moi » existe par quelques pages html, quelques fragments d’une pensée photographiée à l’instant T. Quelques conneries, aussi. En écrivant pour des lecteurs, pour plaire, pour divertir, j’écris avant tout pour me sentir exister dans le regard de l’autre. Je serais beaucoup plus honnête si j’écrivais de manière désintéressée. Mais c’est bien plus difficile.
Dans tous les cas, j’écris pour l’autre et pour moi. Car je sais que je relirais plusieurs fois ce texte, tel le vieux narcissique qui contemple ses clichés d’enfance l’air nostalgique. Ce texte est, plus qu’une photographie du moment où je bascule théoriquement dans la vie d’adulte, un film de ce moment, un « univers », même, puisque ces lignes occupent actuellement tout mon temps de cerveau disponible, toute ma vie disponible.
Je pourrais dire plus tard à mes petits enfants qu’au moment où je naissais juridiquement en tant qu’adulte, j’étais en train d’écrire, pour marquer le coup, pour débuter une réflexion, un échange entre ma feuille WordMac et moi-même.

Réflexion faite, je ferais peut-être mieux de le dire à Frédéric Beigbeder dans son émission de littérature pétée intello-arty sur Paris Première où j’assurerais la promotion de mon premier livre, « Blénoragie ». On sera tous les deux installés dans des poufs crèmes en buvant de l’Evian. Ce sera une ambiance sympa et respectueuse teintée d’une certaine connivence intellectuelle propice à un humour d’initié. J’aurai 34 ans et ce sentiment plein d’avoir fait quelque chose de ma vie. 16 ans auront passé. Peut-être qu’en rentrant tard le soir chez moi après la fête organisée par une poignée d’amis je caresserais doucement ma bibliothèque USB ainsi que mon sexe du bout des doigts en sortant ce document précieux, premier écrit, première « direction consciente de pensée en vue d’un but » de mon âge adulte. Peut-être pleurerais-je à la lecture de ces lignes, de ces lignes qui se  seront transformées en un torrent, un fleuve, un océan de mots sonnants et trébuchants, ricochant entre eux avec malice pour former un tout, un ton émouvant. Peut-être repenserais-je avec fièvre à cette époque déjà lointaine, ce soi-disant âge des possibles où tout était permis, envisageable. Peut-être sourirais-je d’un air béat et content en constatant le chemin parcouru depuis ces 16 ans, depuis ce non-lieu innocent de l’enfance, jusqu’aux lentes mises en marche de l’âge adulte. Peut-être soupirerais-je de soulagement en réfléchissant à ma situation d’alors, mon état de feuille vierge, de pâte modelable à foison avide d’expériences, d’enrichissements, de réelles découvertes. Peut-être rirais-je en constatant la mise en abyme spacio-temporelle assez masturbatoire où je m’adresse doublement à moi-même. Salut Pierre II, j’espère que tu vas bien et que ces 16 années t’ont apporté ton lot d’expériences vraies. Peut-être rirais-je surtout en constatant mon état d’esprit pusillanime de l’époque qui consistait à penser qu’écrire, c’était déjà agir et que l’introspection était le meilleur, et surtout le moins risqué, des voyages.

Mais peut-être pas.

Peut-être qu’au contraire, dans 16 ans, je ne penserai plus à tout cela et que ce texte, cette partie de moi naïve et insouciante qui a pourtant violé tant de chevreuils, aura purement disparue. Reléguée au coin des souvenirs flous et hésitants d’une période floue et hésitante où Pierre I se posait beaucoup trop de questions sans jamais trouver les réponses. Que c’était fatiguant. Heureusement que la vie d’adulte apportera à Pierre I son lot de réponses toutes faites aux angoisses dite « adolescentes ». Heureusement que bien vite, Pierre I n’aura tout simplement plus le temps de flâner et d’écrivoter sur son ordi le soir tard comme il le fait en ce moment. Heureusement que la vraie vie a des horaires qui rattrapent quiconque. Pierre I n’échappera pas aux études, puis aux choix, puis au travail. Alimentaire au départ, bien sûr, puisque Pierre 1,5 nourrira toujours ce rêve mimétique dénué de toute réelle implication personnelle qui consiste en une sorte de tour du monde contemplatif armé d’un sac à dos et d’un calepin dans le style « globe-trotter open et curieux qui voit donc qui vit ». Cela lui semblait tout simplement la meilleure des réponses à son envie, son désir d’agir en bien, de faire quelque chose, bordel, de se sortir réellement les doigts du cul autrement que pour cracher des bouses instrospectives. Alimentaire au départ, bien sûr, et puis finalement bien confortable. Richissime à 34 ans fort d’un poste à haute responsabilité dans une entreprise quelconque dont la charge est la destruction cannibale du monde, je ne vois pas pourquoi je penserais encore aux misérables dérives de ce vieil adolescent, cet adulte neuf, que je ne suis plus. L’opulence, c’est tout. Il faut bien vivre, bordel. Resservez-moi du Veuve-Cliquot Désiré.

Alors que la trame spacio-temporelle de ce récit se confond, se brouille, se distord peu à peu au gré des fréquents changements du temps de la narration et de la personne de l’émetteur, je me sens obligé de vous faire remarquer qu’il est déjà 1h44, augmentant encore plus votre trouble puisque, non, il n’est pas 1h44 pour toi qui me lit MOI. Le temps passe vite quand on s’amuse. Bande-son : Wax Tailor, on est toujours dans du trip-hop scratchy et tranquille, un peu dark sur les bords mais très beau il y a du violoncelle c’est vraiment cool. L’ambiance musicale n’est donc pas du tout, mais alors pas du tout propice à un exercice de destruction en règle de tout contenu, de toute crédibilité par un recours systématique à de jolis contenus grossiers.

Ta chatte béante. Tes lèvres pendantes. Ta cyprine mouille ta moule. J’ai le nez qui coule.

J’ai donc consacré ces 50 premières minutes d’adulte à ne pas commettre l’adultère, selon un très joli mot de François, ce philosophe en devenir, qui nous dit que « l’adultère, c’est tromper l’enfant interrogeant qui est en nous avec le poids destructeurs des responsabilités futiles ». J’encule profondément ce poids, à l’heure où j’écris ces lignes.

Non, rien n’a changé. J’ai 18 ans depuis 52 minutes et je n’ai pas eu de soudain éclair et net sur mes convictions en général, de la Politique Agricole Commune au port du voile en passant par la sodomie, la Turquie, et Josef Fritzl. J’ai 18 ans depuis 55 minutes et je n’ai pas eu de soudaine poussée de responsabilité civique, de souci particulier de ne pas faire de vague, de rester bien à ma place.
J’ai 18 ans depuis 59 minutes et je cherche en vérité depuis le début de ce pavé à caser une punchline qui lie agréablement l’entrée dans l’âge adulte à la permission de voter et de mater du porno hardcore.

Je suis un petit enfant perdu dans le tourbillon vertigineux des questions existentielles. Mais sacré nom d’une pipe, qu’est ce que ça veut dire « être adulte » ?
Être adulte, c’est avoir le droit d’aller élire son Président et retourner se branler sur un gonzo expérimental cambodgien.
Voilà qui me paraît clair et attirant.

Je suis un petit enfant perdu qui vient de se faire violer par la vie. Je ne suis pas consentant. Je veux bien mater du porno et boire des alcools blancs et gerber dans le VIP Room, mais tout le reste me soûle. La chape sociale me soûle. Le civisme me soûle. Les êtres humains besogneux me soûlent. La société me soûle. Et par-dessus je me soûle de devoir m’assumer déjà. Et par-dessus tout je me soûle d’être improductif, stérile.

Allez, c’est décidé, j’éteins, ça suffit pour ce soir. Je n’ai pas produit de pseudo-réflexion inepte sur le poids sociologique de ce « rite de passage » des 18 ans, symbolique, message, antécédents, bla-bla. Ferme ta gueule, j’ai choisi le ressenti, j’ai choisi l’introspection confortable et ouatée comme j’avais dit que je ne le ferai pas. J’ai écrit au fil de la plume, comme d’habitude, sans tricher, même pas, surtout pas sur mon âge.
J’ai choisi d’écrire, et, puisque c’est ce que j’ai l’impression que je fais le mieux actuellement, c’est déjà bien.
J’ai choisi de consacrer ces premières heures qui sont les mêmes car rien dans l’atmosphère n’a changé à l’échange pluriel.
3 morts du SIDA. 4 naissances. 10 avortements. 8 viols. Tout ça en même temps sur le plateau de tournage de Porno Déviant Saison III La revanche du Trou Balourd.
Non, le monde n’a pas changé, ne s’arrêtera pas de tourner, et quelque part dans ce monde, en France, il y a un « jeune » qui essaie de s’arrêter deux secondes pour réfléchir, ou, à défaut, ressentir. Il connaît quelques difficultés et sombre facilement dans la jolie phrase à deux balles, les tournures faciles, les métaphores oiseuses et les insanités scabreuses.

Pardonnez-le.

Pardonnez-moi car j’ai pêché, et je repêcherai : mon porno m’attend.

Ziva.

Junk-Food

juillet 30th, 2009 § 3

Je pousse la porte du MacDonald. Ce soir j’ai décidé de manger de la junk-food. C’est une décision rare et lorsque je la prends c’est en mon âme et conscience. Je cautionne alors de tout mon être l’orgie qui va s’en suivre. L’orgie de bouffe. L’orgie de gras. La luxure de triglycérides. Le culte dépravé du cholestérol.
La queue est toujours longue à onze heure du soir. J’aime ça. Le MacDonald c’est un rush géant qui ne s’arrête jamais. Il n’y a pas d’heure pour aller au macdo puisque l’on n’y mange jamais vraiment. Oh, toute cette foule agglutinée devant les caisses, cette chaleur humaine et moite et collante, ce prélude à la graisse qui coulera sur mon menton, sur mon torse, sur mes couilles, cette graisse dont j’enduirais mon corps jusqu’à ce que mort s’en suive, toute cette foule me fait chaud au coeur. Je veux me noyer dans la friture. Je veux vomir partout. Je veux chier mou. Mou. Je suis collé aux autres gens, mon souffle se fait court. Je n’ai plus qu’un objectif : le menu maxi-best of qui me tend les bras. Je suis tellement concentré que les piaillements incessants de la progéniture lobotomisée des cas sociaux environnants m’irritent au plus haut point. Je décide de tuer un nourrisson pour calmer le jeu. J’arrache ses entrailles à main nue et j’en fais des guirlandes, mais pas trop, je conserve le reste dans mon sac à dos au cas où. La mère râle un peu mais pas trop je lui fais t’inquiète pas je te paye ton repas mais je t’en supplie tiens les un peu ou je t’inciserais la carotide avec mes dents luisantes pauvre pute.

Le MacDonald me rend irritable. Je ne suis plus un être humain. Je suis un prédateur. Je suis un consommateur.

Je mange mon gros Big Mac. Oh oui, il est bon, oh oui que j’aime son goût sans surprise, que j’aime cette bouillie acidulée qui titille ma glotte.
Les potatoes sont un véritable régal. Je les mange à pleines mains. J’en prend des poignées. Je n’oublie bien sûr pas de dégueuler toute la sauce blanche dessus au préalable. Je les enfourne dans mon gosier. Le mélange de graisse et de sauce blanche sur ma frimousse animale et réjouie me fait penser à ce gonzo ukrainien que j’ai vu hier soir. Le cadrage est mauvais vacillant mais les acteurs se donnent à fond. L’adorable petite fille blonde, qui est sans doute montée à la ville pour envoyer un salaire régulier à ses parents paysans, baigne dans une invraisemblable flaque de sperme de la tête au pied. C’est le Titicaca du Q. Le Styx du X. Elle se noie dans la sauce blanche creamy potatoes. Elle crie, elle a sans doute mal. Peut-être qu’elle le veut encore son Big Maq. Cette petite scène ne jurerait pas dans un documentaire satirique de Michael Moore sur les dangers de la malbouffe/mondialisation dans le cadre d’un habile parallèle/métaphore/analogie/mise en relation de la déshumanisation inhérente à nos sociétés modernes névrosées. Mais je m’égare.
Le plus important est que vous sachiez qu’à ce moment précis plus rien d’autre ne compte que moi et mon plateau rempli de victuailles. C’est un festin. C’est une orgie romaine. C’est la cène et je respecte l’eucharistie moderne à la lettre. Je suis un dévot du dieu-clown-allégorie ambiguë Ronald.

Lorsque l’on gît au MacDonald, on ne mange pas. On ne se nourrit pas. On avale. Nous sommes réduit à nos fonctions animales premières, perverties par la société de consommation. Nous sommes les parfaits petits agnus du Dei Ronald. Mais nous n’enlevons pas les pêchés du monde. Nous n’expions rien. Nous ingurgitons avec satisfaction de la merde en quantité astronomique bien calés dans nos sièges industriels crèmes et cafés. Nous nous repaissons joyeusement du péché. Nous croquons le fruit défendu. Et nous l’arrosons d’un maxi Coca.

Lorsque l’on gît au MacDonald nous n’aimons pas notre prochain. Nous sommes animaux et rien ne compte que la pitance. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’égorge mes voisins de table. Pour piquer leurs Royal Deluxe. J’ai encore faim. Tout cela est mollement horrifiant, n’est-ce-pas ? J’ai tellement faim pourtant. C’est insupportable, c’est insoutenable, c’est inexpugnable. La faim me dévore me ravage. La satiété est l’éden impossible à atteindre dans la religion MacDonald. Un Mac Flurry ? D’accord. Oh, je vois que je peux le faire moi-même, c’est bien urbain, c’est sympa de flatter l’instinct créatif du chaland dis-donc, c’est vrai qu’à MacDonald les fidèles sont bien traités, c’est une religion humaniste et j’apprécie beaucoup cela, le choix oui le choix des boissons équilibrées des salades des menus des sauces avec une paille. Alors donc oui donc de la sauce au chocolat une bonne rasade s’il vous plaît ainsi que du daim oui beaucoup et si vous étiez mignonne vous me rajouteriez aussi quelques petits bouts bien hachés de cet abats de bébés que je vous sors maintenant de mon sac non je ne plaisante pas est-ce que j’ai l’air de plaisanter on ne joue pas avec la nourriture c’est sérieux cette histoire.

Non vraiment je ne comprends pas j’ai encore faim, ça commence à bien faire cette connerie du supplice de Tantale moderne. Bon écoutez cette fois ça suffit j’ai compris votre petit jeu c’est une caméra cachée on se fout de ma gueule je mange du plastique de la gélatine du faux du toc c’est pour ça que je désire sans cesse ardemment me nourrir rien ne me sustente au fond j’ai comme un vide, un gouffre. Tout rentre et rien ne comble. Je me sens très mal, il m’en faut plus.
Vous comprenez ?
Vous comprenez bordel ?
Il m’en faut plus il m’en faut plus.

Ma carte de crédit ne passe plus comment ça il est déjà 3 heures du matin on ferme mais qu’est ce que c’est que ces conneries comment traite-t-on ses fidèles ici dans ce havre de paix humaniste qui comble les désirs les plus fous vous n’êtes vraiment pas très sympa mais vos arguments bassement matériels ne peuvent rien contre mon idéalisation pure de ce lieu de ce sanctuaire coupé du monde. Vous ne pouvez rien faire pour moi vous êtes désolé est-ce que je veux pas une petite casquette clown ronald un ballon vous avez des trucs à me filer mais vous pouvez faire quelque chose pour moi je vous arrête tout de suite oh non ne prenez pas cette tête quand je sors ma tronçonneuse de poche et que je mets un masque de clown fort à propos ne vous inquiétez pas on est seulement au plein cœur d’une logique sacrificielle/cannibale qui doit achever de manière logique ce stupide pamphlet bordélique et grossier et progressif. Il est vrai qu’il est difficile d’instiller l’horreur désabusée je m’excuse d’avance pour les dégâts occasionnés je m’entraîne beaucoup le langage est beau à manier taisez-vous j’ai dit taisez-vous. Je ne sais pas encore trop comment je vais faire tout ça mais l’idéal serait que vous ne bougiez pas trop. Si j’ai bien compris c’est le seul moyen de se sortir indemne de ce supplice moderne, de cette mise à l’épreuve divine, l’éden, la satiété, la purification par le feu, tout ce genre de choses hautement référencées qui signifient que vous allez mourir dans d’atroces souffrances que vous serez des martyrs.
Je vous charcute, oh oui, je vous charcute et vous découpe serveurs sous payés, employés d’été, messagers divins, suppôts aveugles je vous tranche à la tronçonneuse Black & Decker sur les délicates tables en PVC, sur les charmants tabourets en inox. Je fais des lambeaux de vos corps adipeux et exsangues, j’en fais des tranches nettes et propres.
Je vous fais frire. Je vous fais cuire. Vous êtes mes morceaux de choix. Vous êtes ma décision à moi. Vous êtes ma cérémonie finale. Vous êtes mon Big Mac suprême. Vous êtes ma réponse. Vous êtes ma vérité. Entredévorons-nous. Jouissons-en.

Je m’appelle Ronald MacDonald. Je vous domine.

Venez comme vous êtes.

baby-ronald

La chasse aux nègres.

juillet 27th, 2009 § 2

Ce soir, c’est la chasse aux nègres. Je suis tout fébrile et excité à l’idée de commencer ce nouveau jeu qui me promet milles plaisirs chafouins. J’y pense longtemps avant le début. J’en frémis à l’idée. Mon corps devient moite. Je me mets un peu de Daft Punk dans le mp3, ça me stimule, ça me motive, ça me mets dans une état second. Une transe. Une possession divine. Je ne pense plus qu’à une chose.

A caillasser du nègre. Abimer leurs corps d’ébène. A les buter. Les tuer. Les annihiler. J’irais les chercher dans leurs trous à rat. A la grenade. Pas de quartier. La chasse aux nègres est ouverte.

J’y mets tout mon coeur. J’y mets toute mon âme. Mais dans ce jeu délicieux, des forces transcendantes s’opposent. Il ne s’agit plus de moi ou des nègres. Il s’agit du Bien et du Mal, du Blanc et du Noir, opposé dans une lutte fatricide dans laquelle un seul doit sortir vainqueur. J’espère que ce sera moi. J’espère que mes uzis chauffés à blancs transperceront bien leur peau tannée, je veux des trous dans leur peau, je veux voir le sang gicler, couler. Je veux boire du sang de nègre. Je veux m’en abreuver. Ils me provoquent déjà. Ils louvoient autour de moi et me bouscule. J’interdis à quiconque de me bousculer. Alors je sors ma batte de base-ball. Et je les défonce un par un. J’éclate leurs têtes grossières. J’expulse toute ma haine de ce monde qui me rejette. Toute cette frustration que j’accumule chaque jour au travail lorsque mon patron me force à avaler ses couilles en cachette. Je déverse mon torrent de haine. Je sublime mon Oedipe refoulé. Ma bite d’adolescent frustré que j’aimerais fourrer dans ma mère. Mon katana gagné à la foire que je polis en secret dans l’espoir de suriner violemment mon géniteur. Oui, ce sont ces névroses adolescentes, ce sont ce mal-être insidieux que je transforme en haine aveugle envers la race nègre. Je suis une haine vorace. Je suis l’ange de miséricorde.

Je ne connaitrais pas le repos ni la paix tant que je ne pourrais pas tuer autant de nègre que je voudrais à mains nues. Mmmmh oui… en quelques coups de poing, il est à terre et gémit. Cette force surnaturelle que j’ai au combat, je l’ai acquise à force de sueur, en écumant les bancs noircis de la salle de musculation du tiéquar. Je suis une vraie boule de muscle. Je suis un colosse innataquable et je domine le nègre. Il est à terre et me supplie du regard. Je me couche sur lui et lui assène des directs du droit. Tout mon corps est concentré dans cet énorme poing feraillé. Je lui décroche la mâchoire. Lorsque j’ai fini de le cartonner, son visage est tuméfié, on ne reconnaît plus rien. Plus qu’une masse informe noirâtre, faite de sang, d’os et de peau. J’en ai fais de la bouillie, de la charpie humaine.

Mais attention, mon travail n’est pas terminé. Je suis perfectionniste. Je me relève et le piétine au niveau du thorax et casse ses côtes une par une. Cela craque. C’est un son doux et mignonnet qui m’enchante. Je continue jusqu’à ce que le sang gicle et m’éclabousse. Je rigole, mon dieu que je rigole, l’extase s’empare de mon être, je me sens vivre enfin, dans ce tourbillon de violence et de joie furibarde. Je bande, mon dieu que je bande. Je ne veux plus lâcher le coup du nègre. Je l’ensserre. Je m’y blottis. C’est mon doudou à moi. Mon nin-nin. La chose qui me tient compagnie dans mes nuits de cauchemars. Ma bouée d’ammarrage. C’est la réminiscence de mon enfance malheureuse.

Je suis quelqu’un de simple. Je ne me pose pas de question. Je suis musclé et j’aime tuer des gens, j’aime tuer des nègres.

Je débranche GTA et je vais me coucher. Je me sens bien. Plein.

Michael Jackson est mort et tout le monde s’en fout.

juin 26th, 2009 § 2

Michael Jackson est mort et tout le monde s’en fout. C’est la flambée des réseaux sociaux numéro 1 sur l’information, Twitter et Facebook. Triplage du trafic. Pseudos en chaîne sur la mort du mec, traînée de poudre, échanges choqués, interrogations, rumeurs, indignations, blagues graveleuses, hommages, ergotages, over-diffusion etc.

Je pense qu’en fait on s’en fout complètement de la mort de Michael Jackson : on jouit dans la flambée du modèle médiatique du “tout-connecté”. Cette mort est prétexte à une espèce de test grandeur nature de l’universalisme médiatique : puisque Michael Jackson est une icône “globale”, sa mort doit l’être également, et elle l’est effectivement grâce à Internet d’abord, puis les médias traditionnels ensuite, qui créent une sorte de quadrillage médiatique ahurissant qui confine à l’idolâtrie, à la manière de l’obamania puissance 10000.

Je pense qu’il est judicieux de se demander pourquoi y-a-t-il une telle effervescence dans le monde “connecté” et médiatique (ce qui revient à dire “le monde réel” dans le cadre occidental…) ? Est-ce effectivement une réaction sincère et personnelle à la mort du roi de la pop ou plutôt, comme je le crois, une sorte de test inconscient et jouissif du dialogue autiste entre l’homme et le monde connecté ? En gros : Michael meurt, je suis un peu choqué, j’en fais tout de suite part sur mon twitter et mon facebook pour informer le monde entier et signifier que j’existe à travers la mort du mec. Je teste ce grand réseau global à travers la mort de cet artiste global. J’éprouve l’universalisme médiatique dopé par le réseau social dopé par l’artiste universel, je constate qu’il fonctionne effectivement et pire encore,  je suis fasciné, je me branle le manche, je suis d’autant plus bouleversé par cette mort qu’elle est partout et nulle part à la fois. Elle est déréalisée par le média par son omniprésence sous toute les formes. Finalement, j’en ai strictement rien à foutre de la mort de Michael Jackson, et à travers ce fait naturel,c’est moi et mes petits comparses occidentaux que je contemple vivoter (je contemple l’autre et je me contemple aussi par la même occasion, bla bla bla, miroir, narcissisme, fascination) dans le monde asujetti au nouveau paradigme médiatique qui voit le réseau social prendre le pas sur le média traditionnel, l’amplifier, l’influencer, le déformer. Un espèce de pudding indigeste, dont on peut contempler actuellement le résultat, l’étron fumant.

Face à cela, il apparaît absolument nécessaire d’être iconoclastes, et surréalistes. Je commence : comment appelle-t-on la bite de Michael Jackson ? La vérité. Parce que la vérité sort toujours de la bouche des enfants.

A part ça j’ai réécouté History. C’était bien.

Crash.

juin 10th, 2009 § 2

Salut, ça va ? Oui lectorat je sais tu dois te dire “mais qu’est ce qui lui prend, poster deux articles en trois jours, et avec du contenu en plus ?”. Enfin, du contenu. Façon de parler. Si on peut considérer qu’un torchon html qui éponge mes digression racisto-cynico-misogynes comme quelque chose avec du contenu, alors ça va. Il y a du contenu. Beaucoup de contenu.

Aujourd’hui, je voudrais pousser un coup de gueule et me moquer du crash de l’airbus 447 vers Rio. A ce titre là, la chronique de Stéphane Guillon, qui faisait un peu de la grosse merde ces derniers temps, est assez jouissive. Enfin moi à partir du moment où on se moque d’innocents et de bébé siamois, je me gausse. Allez-donc l’écouter.

Non, trèves de bavardages. Je sais pas si vous regardez la télé ou lisez la presse, régionale surtout, mais vous avez sans doute remarqué de temps à autres des articles sur des personnes dites “miraculées” de cet épisode de Lost ce crash d’avion : tiens, pas plus tard que l’autre jour dans la voiture avec ma mère, je conduisais et manquais encore d’écraser un myopathe en m’énervant lorsque j’entendais ma mère tenir ces propos abêtis :

“Tu as entendu l’histoire incroyable de ce miraculé du crash qui devait prendre l’avion et qui ne l’a pas pris ?”

Non j’avais pas entendu et j’en ai rien à branler.

” C’est quand même incroyable, c’est vraiment un miraculé. Ah et yavait ce mec qui avait une place dans l’avion crashé et qui voulait absolument rentrer plus tôt et qui a échangé, pour 200 euros, son vol avec celui d’une autre nana qui prenait l’avion deux jours plus tôt. Du coup elle est morte et pas lui. C’est incroyable non ?”

Non. Non. Non. Ce n’est pas incroyable, putain. C’est du hasard. C’est la vie. La vie est faite d’interactions très connes et tout à fait communes au demeurant (encore qu’en fait pas du tout mais c’est une autre histoire) qu’on ne relève jamais tant on est perdu dans une routine absurdoclaste. Sauf que dès qu’un évènement un tant soit peu hors du commun survient, de préférence avec des centaines de français morts voire disparus dans des conditions étranges, alors tout de suite on va chercher à connaîtr e tous les détails malsains de la catastrophe pour pouvoir gloser dessus tellement on se sent mal et petit et fini et tellement on cherche une raison à ce qui n’en n’a pas : “Non mais, je veux dire, les gens qui n’ont pas pu prendre cet avion, ben c’est vraiment un signe que leur heure n’était pas arrivée.”

Voilà. Dérive classique vers une sorte de mysticisme, un Dieu, une Raison finale, une fin dernière qui est censée contrôler un petit peu tout y compris le crash. Nan mais c’est incroyable ce besoin de se raccrocher à une transcendance dans ces moments de catastrophe. C’est arrivé. Et voilà, point. Arriver est ici un putain de verbe intransitif : il n’y a aucune putain de raison (bon, après je dis pas hein la thèse du complot juif existe toujours) à ça.

J’exagère sans doute un peu bien sûr. Je me montre intolérant, grossier, cynique pour éviter de développer ma pensée par pudeur intellectuelle. Par flemme aussi. Bien sûr qu’il est parfois compréhensible de devoir se raccrocher à quelque chose, une transcendance, pour éviter de péter un cable. Bien sûr qu’il est évident que tout le monde dans la vie a sans doute déjà senti ce sentiment indéfinissable de “Je ne suis rien. C’est incroyable. Il y a un truc.” Mais ce n’est pas le point ici.

Le point ici est de savoir déjouer les manipulations des médias et les infantilisations. Ne soyons pas dupes de la vérole médiatique qui se greffe sur le malheur comme le sida chez n’importe quel mec ouvert d’esprit qui flâne dans les orphelinats de Bangkok. Ne soyons pas dupes. Ne devenons pas, à notre tour, complice de cette fascination et curiosité malsaine pour l’effroi.

Staying alive.

juin 7th, 2009 § 1

Les jours passent et je délaisse de plus en plus ce blog. J’ai vraiment pleins de raisons de le faire donc mes deux lecteurs fidèles restant me pardonneront aisément car ils sont bons et ils sentent le patchouli.

Tiens, par exemple, chaque jour je checke mes mails. Chaque jour j’en ai 14, donc 10 avertissements de commentaires sur ce jolis blogs. Les premières fois j’étais sur le cul, jme suis dit ça y est un gros connard influent a parlé de moi dans son post “ces jeunes talents qui viennent” (il était temps que le monde ouvre les yeux soit dit en passant). Alors qu’en fait pas du tout. Du tout du tout du tout. Non non, en fait c’est juste des spams. Bêtement. 10 putains de spams dans mes commentaires. En plus c’est même pas des spams croustillants, je veux dire on me propose même pas “d’enlargir (je vais faire breveter cette anglicisation magnifique) my penis because elles veulent une taille plus que standard” ou d’acheter du viagra ou du parfum aux phéromones pour fourrer tout ce qui bouge, non non pas du tout.

Mêmes mes spams sont déprimants de banalité. J’ai le choix entre “Interesting site, i’ve bookmarked for future refferrence”. La première fois que ça m’était arrivé j’y avais cru tu vois, j’avais cliqué sur le lien et j’étais tombé sur un site de catch. Vu que le catch me fascine j’étais trop content et j’avais ri, heureux de mes futures relations avec ce sport noble parmi les sports. Et puis après ça m’est encore arrivé et j’étais tombé sur des trucs de botanique et vu que j’aime pas la botanique ça pouvait pas marcher.

Ensuite, en deuxième choix, j’ai le laconique “Casino 1243840863…”. Attention, c’est pas toujours la même suite de chiffre hein. Je crois que je vais créer un tableau comparatif et vérifier lequel ressort le plus souvent pour pouvoir le jouer au loto, un peu comme dans lost, et devenir maudit, sauf que je suis pas obèse (ce qui est génial c’est de penser aux lecteurs qui ne mattent pas Lost qui liront cette phrase). On notera aussi les fameux trois petits points… désormais institutionnalisés par le comique qui paye trop d’impôt Gad Elmaleh. Les trois petits points permettent d’introduire une nuance, des sous-entendus et éventuellement un pénis turgescent si la demande à “On se voit ce soir ?…” est positive. Bref, je me fais draguer par des spams enjôleurs : “Casino 1243840863… je t’assure que tu vas toucher mon gros lot.” J’ai atteint mon nadir, c’est-à-dire un mot que j’affectionne particulièrement depuis que je l’ai découvert et que l’arabe subit un RETOUR DE HYPE notamment avec Y.A.S. (écoutez, c’est bien), c’est-à-dire l’inverse du zénith, c’est à dire le point le plus bas des cieux (puisque j’ai toujours le jeu, mes chiennes).

Bon, je crois que j’ai beaucoup écrit pour raconter beaucoup de merde, ça m’était pas arrivé depuis longtemps et ça fait du bien tiens. Un peu comme un gros caca coincé depuis longtemps qu’on expulse à la dernière minute, la dernière seconde, celle d’avant la défécation intra-boxer. Il faudra que je vous expose ma théorie là-dessus un jour. Et que je la fasse breveter. Je réfléchis et je vous en parle.

Allez, pour finir ce blog et sucer des gens hauts placés je vais vous faire un lien vers un billet de ce blog, qui parle admirablement bien d’une leçon de grammaire de mon premier semestre avec Frigide Buvard-Bourré, donc spécial dédicace à tous les connards de ma filière qui lisent encore ce torchon. AAAh et n’oubliez pas, SURTOUT, le point le plus important, VRAIMENT, allez voir le lien qu’elle met à la fin du billet. Mais vraiment.

Plein de gros poutoupoutous.

Commentons ensemble quelques uns de nos plus grands penseurs, philosophes tout du moins.

mai 14th, 2009 § 4

N’avez vous jamais rêvé de vous mettre dans la peau du correcteur à la lecture d’un texte émanant d’une autorité intellectuelle quelconque ? Ne vous êtes vous jamais sentis frustrés lorsque sans pitié, le correcteur raye d’un trait dont le rouge criard n’a d’égal que son caractère définitif un concept étonnant détonnant et pertinent que vous aviez pourtant accouché grâce au fruit de votre labeur fécond comme par exemple l’idée “d‘immanence tautologique“, qui ne veut strictement rien dire au demeurant (encore qu’en creusant bien) ? Ne vous êtes vous jamais sentis profondément incompris, noyé sous cette injuste censure de la pensée encore malformée, un peu monstrueuse mais déjà bien vivante et surtout légitime ? Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi on laisse passer une phrase du genre “Finalement, la présubjectivité féconde d’un moi déraciné ne peut, ontologiquement, que trouver sa source dans une liberté revue au sens d’une transcendance qui devient condition de réalité, et donc, par truchement du réel, condition d’une même déréalisation, au sens unique, bien sûr “, pourvu que  n’importe quel connard pédant en mal d’affection, Kant, au hasard, l’aie dite, alors que l’on vous demande injustement de développer le moindres de vos arguments, si tant est qu’un mot compliqué s’est glissé dedans ? Combien de “peu clair”, combien de “développez”, combien de “impropre”, combien de “généralités” sont venus polluer vos majestueuses copies tel la vérole sur un enfant soudanais déshydraté ?

Hélas, lecteur, je crains bien que tu sois dans le même cas que moi : victime de la criante injustice professorale, victime d’une illégitimité permanente, dominé, asservi par des autorités intellectuelles à qui on aimerait parfois pouvoir dire “tagueule sale pute.”

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui le super jeu du : “NOTE TON PHILOSOPHE” ! Une appréciation, une note, et la vérité est enfin rétablie. OUIIII !

Al Camus : “Je n’entends rien à votre raisonnement. Complètement absurde.” 8, “Peste ! Que votre raisonnement m’est étranger.” 5 (Merci François)

JP Sartre : “Votre torchon m’a littéralement donné la nausée. J’en perds mes mots.” 3 ; “En tout cas, ça, ce n’est pas de la littérature.” 6

Fred Nietzsche : “Puissant.” 18,  “Apparemment, Dieu est mort : à vous lire les miracles n’existent visiblement pas.” 2 (F.)

Bakounine : “Vous n’avez pas respecté les consignes.” 5

Socrate : “Accouche !” 8

Karl Marx : “Il semblerait que vous ayez omis un point capital.” 8 (Merci Stu)

Sigmund Freud : “Un dépotoir saisissant. Vous faites preuve d’une inconscience totale.” 5

René Descartes : “Vous avez tout à fait raison.” 14

Max Stirner : “Unique.” 19 (F.)

Manu Kant : “C’est Bien.” 14

Heidegger : “Vous m’angoissez” 0 (ou 20 ?) (merci françoichou)

J-J Rousseau : “Une copie libre, affranchie et naturelle.” 16 (love kitous françoichou)

Auguste Comte : “Encourageant. Continuez comme ça, votre travail est très positif.” 12

Plotin : 1.

A toi lecteur adoré, use de tout ton talent pour trouver le jeu de mot le plus naze et ENCULER A SEC le penseur de ton choix ! Il sera publié ici et tu connaîtrais la gloire, l’argent, la drogue et les filles faciles !

Kitous loooooove.

On peut devenir ami avec Emile Louis sur Facebook. C’est trop ouf.

avril 13th, 2009 § 5

Cela ne me fait guère rire. Aurait-on atteint les limites du politiquement correct dans ce réseau social pernicieux, putassier, qui gangrène chaque jour un peu plus notre jeunesse insouciante à grands coups de “Météo du moral”, “Compare tes amis”, “Date d’anniversaire” et par dessus “Fan de” ? Ce sujet mériterait sans doute un traitement bien plus approfondi que je ferais peut être un jour de pluie mais pas ce soir. Ce soir c’est vulgarité, provocation et misère sexuelle ordinaire.

Il semble très à la mode d’afficher sa vie sexuelle sur (fesse)book comme par exemple machin est fan de “des douches à deux”, “siestes crapuleuses”, ou du fort trivial “faire l’amour”. Je dis BOUYAKA. Après les photos de ses PARTIES et les pseudos “trop bonne soirée”, est-ce là tout ce que la jeunesse a trouvé comme artifice, comme éxutoire de ses passions désabusées, comme moyen de se sentir exister dans un voyeurisme innoportun ?

A ce moment-là, d’accord, mais allons au bout des choses si vous me permettez : je propose un deal, au lieu de rejoindre le groupe “Faire l’amour”, rejoignez le groupe “J’aime quand ça fait plus de 20 centimètres”, “Le sexe en public, c’est mon dada.”, “Je tourne du porno amateur., “Je me masturbe 25 fois par jour sur des photos de veuves écossaises” alors là à la limite ça pourrait commencer à être marrant, dans le genre libéralisation du très très intime, et nous exposerions tous nos vies secrètes, ce serait la nouvelle norme et nous n’aurions plus besoin de ces éternels préliminaires qui sont des pertes de temps dans une société qui va vite vite vite, nous irions droit au but en disant “tu es dans le groupe sexe chevallin hardcore, moi aussi, je suis pour à cent pur sang ?” un peu comme dans Le Meilleur des Mondes.

Oui, Facebook me fait vraiment flipper dans son voyeurisme total(itaire). Vous allez me dire : tagueule, c’est de la frustration. Je vous répondrais que vous avez peut-être raison mais en attendant je pense quand même que JE RECHERCHE TOUJOURS UN GROS PLAN BAISE ANNALE FEMME MURE POITOU CHARENTES LES MARDIS AVEC DE LA JULIENNE DE LÉGUMES ne pas trop en dévoiler permet de conserver une certaine PART DE MYSTÈRE NECESSAIRE voire une vraie CRÉDIBILITÉ parce qu’on ne m’ôtera pas de l’idée qu’exposer sa vie sociale/sexuelle à tout va est le meilleur moyen de prouver que l’on n’en a pas ou qu’elle est tellement défaillante qu’elle a besoin que les autres puissent y goûter aussi pour se donner une contenance, surfant sur les rails du voyeurisme mignonnet, se sentant exister dans le miroir répondant au doux nom “d’ami facebook”. Vous allez alors me dire : ok lol cé vré, mé ta vu ton blog sérieu tu racont ta life dds cé trop du voyeurisme inconséquent, non ? Et je lui dirais d’aller se faire foutre et de réfléchir au pouvoir de l’abstraction et de la mise en perspective  voire de la schizophrénie (j’ai AUCUNE IDEE de ce dont je suis en train de parler), en plus le format blog autorise le choix quand à la lecture ou non des états d’âmes inutiles de l’auteur, c’est plus mieux, c’est plus riche.

Sur ce constat cynique et désabusé, je vais de ce pas pleurer sur mon sort, et me masturber consciencieusement devant les photos et les profils de mes nouveaux amis Facebook tellement je suis trop hype et second degré et provocateur et stérile : Emile Louis, Francis Heaulme, Michel Fourniret, sans oublier le délicieux Josef Fritzl qui, quand il ne viole sa fille sous l’eau dans sa cave pour lui faire 8 gosses est un homme très érudit qui a une connaissance très pointue de la poésie baroque pour un autodidacte autrichien plutôt pris par ses histoires familiales.

Josef le pulsionnel et sa femme Gretel, une présence familiale qui ne soublie pas.

Josef le pulsionnel et sa femme Gretel, une présence familiale qui ne s'oublie pas.

Bisous.

La pensée du soir.

avril 3rd, 2009 § 4

Je pense que tout être humain pensant normalement constitué (au moins un cerveau, s’entend - deux et trois doivent être plus arrangeants mais j’ai personnellement pas testé, allez donc demander aux Bogdanov’s) vit un moment dans sa journée, quelque minutes au moins, d’activité cérébrale fortuite absolument intense durant lesquelles l’ensemble des “bonnes idées” ou des “réponses” arrivent d’un coup d’une manière claire et révélatrice.

Ca ne vous dit rien ? Mais si, mais si : n’avez vous jamais vécu un moment incroyable ou la solution à un obscur problème vous viens à l’esprit, d’un coup, ou l’axe d’étude d’un texte vous saute aux yeux, ou vous semblez comprendre d’un coup une grande théorie de la vie que vous pourrez répéter à tous vos amis en buvant des Kro les soirs d’été quand l’écho de la mer semble réveiller nos souvenirs moulus ? Ah, vous voyez. Toujours pas ? Un exemple con : qui est l’acteur qui incarnait Tyler Durden dans Fight Club, ce film générationnel culte que tu as vu cent fois ? Le nom nous échappe, on arrête d’y penser quand soudain, des jours plus tard la réponse nous apparaît évidente : c’était Edward Norton, bien sûr. (à moins que ce ne soit Brad Pitt ahah j’ai vraiment le chic pour choisir les exemples le plus merdiques du marché). Sur le coup tu t’es sûrement dit que ton cerveau te trahissait injustement, mais plus tard tu dois reconnaître que s’il t’as abandonné sur ce coup, c’était sans doute pour privilégier quelque chose de plus important.

Je trouve cela absolument formidable. Surtout quand ça arrive plusieurs fois dans la journée : l’inconscient s’organise et se désorganise pour finalement parvenir à un résultat qui arrive, comme ça, cash, dans la tête. Ce qui nous prouve plusieurs choses.

D’abord, que le cerveau a nécessairement sa propre autonomie car il est capable de travailler et mettre en ordre des bribes de pensées accumulées et accumulées, qu’on n’a pas nécessairement le temps de trier parce qu’on doit faire autre chose (se lever, se laver, manger, prendre le bus, travailler, manger, dormir, boire, vomir et pas nécessairement en même temps ou dans cet ordre). Ce qui, malgré le fait que je puisse le concevoir, connaissant vite fait l’existence et les mécanismes primaires de l’inconscient humain, ne cesse et ne cessera sans doute jamais de m’émerveiller devant la puissance absolue de l’esprit humain.

Ensuite, les plus grands théoriciens étaient finalement des fumistes patentés qui passaient sans doute leur vie allanguis sur une plage à Malte à siroter des Pina Colada le corps huilés par quatre ou cinq putes grecques, attendant l’idée géniale comme le chômeur son RMI. Ce qui finalement contribue à détruire joyeusement le mythe qui entoure donc injustement quelques grandes figures de notre Histoire (Marx, Socrate, Platon, Sartre, Nietzsche, Ribéry) et appauvrit considérablement la portée de leur travail, puisqu’il serait finalement le résultat d’un Autre, cet Autre eux-même qui est tout (car je suis parfaitement capable de parler comme Amélie Nothomb à une heure du mat).

J’imagine bien qu’il y a un mot très savant pour désigner ce processus parfaitement inconscient de “maturation” de la pensée, mais je l’ignore absolument et je m’en fous complètement, quoique si quelqu’un le connaît je suis preneur.

Bon, il y a nécessairement plusieurs inconvénients à cette superbe qualité, cette fulgurance régulière de l’esprit humain. Par exemple, les moments parfaitement incongrus que choisit le cerveau pour se manifester. Pour certain, c’est le matin, durant les dix minutes qui précèdent le réveil que ces pensées puissantes se produisent. L’inconvénient c’est de tout oublier car il faut commencer sa putain de journée de travail crève-coeur. Pour d’autres, c’est le soir, durant les dix minutes qui précèdent le sommeil. L’inconvénient est de tout oublier car il faut sombrer dans les bras du tant attendu Morphée (plus sûr du sexe). Ou alors ça peut arriver à d’autres moments complétements débiles genre pendant qu’on est en train d’éplucher des oignons ou choisir son dentifrice à Intermarché. En bref, le moment est toujours mal choisi : l’interruption qui se fait dans le train train quotidien risque toujours d’être noyée sous le flux robuste de la routine. Et le quidam d’oublier son instant de génie.

Pour contrer cela, j’ai pris l’habitude, de me relever s’il le faut et de griffonner ces idées exploitables sur un quelconque bout de papier en attendant le moment propice pour l’exploiter. Ce qui est un peu contraignant voire impossible  quand on est sous la douche. C’est pourquoi je pense faire bientôt l’acquisition d’un carnet Moleskine (tu sais, ce genre de ptits trucs vierges et classes ultra-formatés ou tu griffonnes tes pensées) pour pouvoir à tout moment immortaliser ces instants trop oubliables.

Je me demande également si on peut s’entraîner à privilégier un moment particulier de la journée d’intense activité cérébrale, c’est à dire si l’on peut réellement choisir d’être productif dans la réfléxion (être le Penseur de Rodin quoi).  Toutefois  ça m’étonnerait parce que dans ces cas-là j’aurais finit ma dissert sur l’opéra russe depuis belle lurette. Et finalement ça ne me déplaît pas cette idée d’une impuissance de l’être humain face à son esprit, j’ai toujours été une loque passive dans l’âme de toute façon.

Bisous.

Manifestation

mars 31st, 2009 § 0

Ils sont plusieurs milliers. Eux, sont quelques dizaines, peut-être cent.

Ils scandent, crient, protestent, s’insurgent, vont falloir leur liberté d’expression. Eux se taisent, impassibles et masqués. Armés.

Ils se rassemblent, s’agglutinent, convergent vers un même point. Eux s’alignent, impassables et bornés.

Ils les huent, ils les menacent, ils provoquent la bronca. Eux ne réagissent pas, à peine un mouvement de resserrement du blocage.

Soudain, on jette des cailloux, des pierres, des pavés, des oeufs. La cible, c’est eux. Ils sont les mascottes, les symboles coercitifs d’un pouvoir aveugle, sourd et méprisant. Ils se protègent et encaissent impassiblement. La tension monte, petit à petit.

Et tout s’emballe. Ils commencent à courir, vite, loin, fuyant une menace invisible et bien réelle. La gorge et le nez et les yeux s’enflamment. Ils sont rouges, de haine et d’incompréhension. La fumée toxique envahit le paysage, certains désertent. Puis, ils reviennent lentement, indolemment, inexorablement, goguenards et révoltés : une vague de haine et de défi. Eux se dressent, incalculables. Ils les huent, les menacent. Et tout recommence une nouvelle fois : la course, les bousculades, les yeux, la bouche, la gorge, le nez en feu, et le ton se durcit et la grogne monte et ils reviennent toujours les défier, ironiques, indolents. Puis les grenades, la vague toxique et brûlante, plus forte, plus loin, la cohue, les cris, la haine, l’incompréhension. Certains pleurent, d’autres s’agitent, certains sont dégoutés. Et il y a ceux qui retournent vers eux, et, lentement, se rassemblent et sont à nouveau des centaines. Et tout recommence une nouvelle fois, plus forte encore et tout le monde court crie appelle pleure crache tousse et cette fois quelqu’un est blessé, quelqu’un est à terre, alors il faut appeler les secours et s’occuper et tout bourdonne et s’indigne autour du triste spectacle de la violence absurde jusqu’à ce que tout recommence une nouvelle fois pavés, oeufs, cris, menaces, grenades, fumée, flux, reflux, haine, révolte, dégoût, incompréhension, toux, crachats, pleurs. Une atmosphère triste et délétère plane au-dessus des têtes.

Ce n’est pas une révolution, ce n’est même pas une révolte, à peine une manifestation : c’est de la violence, de la violence brute, absurde et nécessaire : comment se faire entendre d’un mur sinon en le détruisant ? comment alerter et se faire voir sans brandir le tison rouge de la haine, et la liste des victimes bien réelles et bien éloignées des idéaux et autres revendications ?  est-il seulement possible que cela puisse se dérouler autrement ? Peut être. Mais que faire lorsque tout dialogue est impossible, que faire face au mépris à l’état pur ? La réaction épidé(r)mique ne mène sans doute à rien, mais pourquoi est-elle alors la seule envisageable ? Tout pourrait être autrement, c’est sûr, mais comment changer le tout ?

Comme le dit le bien bien chéper Mr. Oizo : “Vous êtes des animaux. Vous allez crever.” Ça va vraiment péter (ça il l’a pas dit mais ça marche quand même)

FUCK

FUCK

Where Am I?

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