La chanson du jour 23 : la polémique sur Sale Pute, d’Orelsan

mars 30th, 2009 § 4

Salut. Aujourd’hui dans la Chanson du Jour, la chanson “Sale Pute” d’Orelsan, jeune rappeur Caennais de 25 ans qui a sorti en Février le bien accueilli “Perdu d’avance“, en tournée dans toute la france, considéré par le magazine Tsugi comme “l’avenir du rap français”, avec Seth Gueko.

Sale Pute est une chanson d’Orelsan qui fait beaucoup jaser en ce moment, du fait du contenu de ses paroles. On peut taxer le rappeur, dans cette chanson, d’incitation à la mysoginie et la violence faite aux femmes à cause du ton et des paroles vraiment très brutales qu’il emploie (”Je vais te mettre en cloque et t’avorter à l’opinel.”) en jouant le rôle d’un mec s’étant fait tromper par sa meuf. Orelsan à la rage. Orelsan a le sum. Orelsan a la haine. Bref, il l’a mauvaise. Déjà qu’il venait de Normandie, se faire faire des cornes par une bouseuse du coin c’est quand même pas la joie. Faut le comprendre le pauvre.

Alors voilà, il s’excite un peu, il boît de l’alcool allongé dans une baignoire, froisse son costard et crache son fiel de manière un poil, un poil, violente.

Ce qui suscite donc indignation dans la classe politique notamment auprès des femmes politiques qui demandent une censure de l’artiste et de la chanson en particulier, ainsi que des maisons de disques etc. Les concerts ayant programmés le rappeur, eux, se demandent quant à l’attitude à adopter.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Orelsan a tourné cette chanson en 2007, bien avant son nouvel album, du temps où il n’était encore qu’un jeune chômeur frustré et sans doute moins mature qu’aujourd’hui (oui, on apprend beaucoup pendant la crise en Normandie). A cette époque, il faisait aussi ça :

La chanson Suce ma bite pour la St-Valentin, quoique très poétique, semble tout de même teintée d’un gros gros second degré très perceptible dans le clip. Second degré sans doute beaucoup moins visible dans Sale Pute, ce qui est d’ailleurs à la source de la polémique, puisque le rappeur s’est excusé en prétextant qu’il n’avait pas l’intention de blesser qui que ce soit et que cette chanson s’inscrivait dans une démarche purement artistique de témoignage de la violence, façon Orange Mécanique de Kubrick (on lui pardonnera cette comparaison un peu hâtive, lui qui n’est encore qu’un chibre mou face à Stan) bien compréhensible puisqu’il “était habillé en costard en train de boire et que donc c’était un autre personnage”. D’accord, les normands ne portent jamais de costards, mais qu’est ce qu’ils boivent. Maladresse.

Ce qui marche tout à fait et a le mérite de faire réagir, puisque l’on oublie souvent que ce genre de chansons un peu “chocs” finissent toujours par avoir des retombées extrêmement positives pour les artistes (on se souvient des polémiques du genre qui avaient eu pour cible les rappeurs de Sniper, à la belle époque ou Sarko nettoyait encore les banlieues au Kärcher) notamment en diffusant à mort son image et son nom un peu partout dans les médias. (on se souvient aussi de TTC avec l’hymne “GirlFriend” ou “Suce moi sale pute”, du même niveau façon paroles salaces)

Le problème est bien sûr l’évidente lacune du clip à véhiculer le second degré et qui empêcherait forcément certains auditeurs de prendre un recul certain à l’écoute de ces chansons. Une maladresse plus ou moins calculée du rappeur, qui “porte ses fruits” seulement maintenant, provoquant une réaction en chaîne et une stigmatisation de “cette génération perdue abreuvée aux jeux-vidéos et au porno” (en gros le credo d’Orelsan dans Perdu d’Avance, inspiré un peu de l’espèce de lose ordinaire d’Eminem en son temps), alors même qu’Orelsan est, à n’en pas douter, talentueux.

Anyway, la chanson n’est plus jouée en concert, n’est pas diffusée à la radio, n’est accessible qu’après inscription sur Youtube ou Dailymotion, ce qui devrait suffire à calmer les ardeurs et uniquement produire des retombées positives, tant au niveau d’une contribution au débat de la liberté d’expression qu’on n’enrichit jamais assez, qu’au niveau de la notoriété pour le rappeur (qui va tout de même devoir se traîner cette casserole pour un bon bout de temps).

Le billet cinéma : Les Trois Royaumes, de John Woo.

mars 28th, 2009 § 2

Salut. Je vais pas souvent au cinéma mais quand j’y vais j’en veux pour mon argent. En l’occurence hier soir je suis allé voir le dernier John Woo : 2h30 d’action stylisée sur grand écran pour 6 euros 10 on peut imaginer que cela est assez rentable même si bon dans tout ça les méchants lobbies contribuent à l’appauvrissement de la diversité culturelle et la sous-représentation, notamment, du cinéma ashkenaze. Ce qui n’est pas l’objet de l’article, qui ne sera d’ailleurs qu’une critique forcément vaine, émaillée de mauvais arguments, et par dessus tout inutile puisque les gens qui liront ceci seront déjà allés voir le film, ou voir les critiques sur Allociné, parce que c’est quand même à ça que ça sert, et à cet instant précis de l’article je me dit que je suis con, je me tire une balle dans le pied, restez-ici.

Vous ne passerez pas.

"Vous ne passerez pas."

Les Trois Royaumes, une grande claque dans la gueule. 8,5/10 (Oui, je mets des demis-points car je suis un sale connard d’intellectuel de gauche en devenir qui marche au consensus et à la concession.)

Genre : L’aube éclate, le vent s’éveille, l’épée sort du fourreau.

L’histoire : Les Trois Royaumes c’est l’histoire d’une bataille dans la Chine des années 200 ap. J.C., la bataille de la Falaise Rouge, sans doute la plus connue de l’histoire chinoise, du moins là-bas, où s’affrontent le méchant ministre Cao Cao qui veut unifier le pays de manière finalement bien peu cordiale, et Zhou Yu (ou serait-ce Gong Li, ou Yum yum ? j’ai toujours eu des problèmes avec les noms chinois, rapport à mon xénophobisme latent) le seigneur d’un des trois royaumes. Je crois que tout est dit.

La critique : On l’aura compris, cette histoire de bataille de la falaise rouge n’est qu’un gros prétexte même pas subtil pour que John Woo nous en mette plein la gueule durant 2h30 de combats chorégraphiés, de batailles stylisées, d’effets spéciaux superbes, de paysages magnifiques, émaillés de quelques chinoiseries du meilleur effet (pour qui a le second degré facile ou la poésie miévrounette). John Woo a réalisé un film esthétique au meilleur sens du terme (encore que je ne préciserais pas le sens de mon propos car je reste un connard pédant qui manie des notions à la truelle) : tout y est beau, tout y trouve sa place. Certes, je veux bien reconnaître que les haïkus et répliques profonds et autres cérémonies du thé ne plairont pas à tout le monde, mais cela fait partie de l’atmosphère du film qui arrive à recréer à la fois une atmosphère de lenteur très asiatique (on pense aux vieux flims de samouraï oui oui car on est cultivé) tout en donnant la part belle aux combats. Pour dire ça en trois mots : un film d’action beau et intelligent. J’aurais bien rajouté drôle pour obtenir le fameux tryptique des qualités que le quidam lambda attend de son congénère mais l’aspect comique ne s’obtient que par le second degré (et à ce moment c’est vraiment très drôle, rapport à la célébre kitscherie de l’époque médiévale chinoise : “Inébranlable comme la montagne”, “Rapide comme le vent.”, “Fort comme le feu” dit l’aimante épouse amatrice de thé aux algues à propos des hakas, et sans doute des performances sexuelles, de son général de mari).

Les plus :

- Avoir vu le film en V.O. Impayable.

- Se rendre compte qu’on est resté dans la même position, bouche ouverte et molle, pendant un quart d’heure. S’en foutre.

Les moins :

- Peut-être un peu de mal à rentrer dans cette atmosphère particulière.

- L’odeur entêtante de pâtes bolognaise/vomi pendant 20 min au début du film.

Je vais beaucoup au cinéma en ce moment je trouve.

Je tiens également à m’excuser pour le problème de mise en page du blog qui ne s’affiche pas convenablement dans la fenêtre et gêne la lecture. Je voudrais vous apporter mon soutien et vous aider à traverser cette passe difficile qui est néanmoins nécessaire à votre constitution en tant que sujet pensant et agissant : le problème ne sera sans doute pas bientôt réglé car je ne sais pas ce qui merde, et bizarrement ça fait ça que sur la page d’accueil, et de deux, si vous n’étiez pas qu’un ramassis de chibres mous rampant indolemment dans votre fange nourricière vous auriez déjà désactivé la sidebar (comprendre barre latérale, comprendre l’endroit jaune ou ya des trucs à gauche) en cliquant sur “sidebar”. Voilà qui est dit.

EDIT : Le problème a disparu, il s’est tout du moins reporté en deuxième page, je crois que c’est de la faute de l’article sur Bashung, ce qui nous prouve bien que le complot cancéreux existe, mais je ne sais pas pourquoi, et lui non plus d’ailleurs.

Sur ces entrefaites, je vous embrasse, d’abord, et vous compisse, après.

Le billet cinéma : La Vague, de Dennis Gansel

mars 25th, 2009 § 0

Salut. Je vais pas souvent au cinéma et quand j’y vais j’en veux pour mon argent. Bon, en l’occurence ces trois derniers jours c’était le Printemps du Cinéma avec un tarif unique de 3,50 euros la place, ce qui reste hors de prix lorsqu’on pense que ya 25 ans c’était 2 francs pour des films comme Le Parrain, pute, mais ce qui donne de bons arguments pour aller voir La Vague, quoique ce soit un film Allemand, à la dernière séance de la journée de 22h alors qu’on n’a pas mangé depuis 10h. En l’occurence, je voulais absolument voir ce film depuis qu’il était sorti car le thème me plaisait vachement, en effet depuis ma plus tendre enfance je nourris une fascination morbide pour tous les régimes fascistes, plus particulièrement s’ils sont agrémentés d’idéologies raciales originales et vivifiantes qui alimenteront les dîners entre amis pendant un siècle.

La Vague :

Le prochain qui moufte, je le fiste, compris ?            Le prochain qui moufte, je le fiste, ok ?

Médiocre film de genre (mais bon teen-movie). 4/10

Genre : Non, Gus Van Sant n’a pas réalisé Fight Club.

L’histoire : Dans le cadre d’une semaine thématique sur l’autocratie, un prof choisit la démonstration par l’exemple et entreprend de mettre en place un groupe fascisant à l’échelle de la classe : La Vague. Ce qui prend des ampleurs innatendues et finit par dégénérer joyeusement. Inspirée de l’histoire vraie du professeur Ron Jones, qui mena une telle expérience en 1967, pour enculer à sec l’incompréhension toute sébumisée d’élèves ne comprenant pas comment Hitler, un homme charmant quoiqu’un peu fruste dans ses manières, avait pu à ce point endoctriner un peuple entier. Ce qui dégénéra également. Voir ici. Le sujet promet donc d’être fascinant et extrêmement enrichissant, quoiqu’extrêmement casse-gueule lorsque l’on aborde ce genre de thème, couplé au monde adolescent, ou l’écueil évident est de virer au manichéisme primaire, au simplisme, pour plaire au plus grand nombre et notamment à un public dejeunes. Exactement là où le bât blesse ici.

Critique : Si l’on considère ce film comme un “teen-movie dramatique”, alors il est vraiment excellent : bande-son pop-rock-electro-hip-hop dynamique et ultra-saturée, bande de jeunes allemands beaux gosses et propres sur eux, relations entre groupes etc etc etc, avec le petit bonus de la réflexion centrée autour du thème du fascisme avec peu de trouvailles subtiles… qui reste finalement anecdotique car profondément creuse, manichéenne et simpliste, donc peu gênante et très intégrable dans un schéma “je filme sans temps morts tu ne réfléchis pas et tu kiffes”.

Sauf que voilà, ce film n’a pas vocation à être un teen-movie. Lorsque l’on traite d’un sujet tel que celui-ci, qui rappelle évidemment l’Allemagne Nazie, on fait soit dans l’outrance grossière et nauséabonde, et second degré, soit dans le minimalisme intimiste et la suggestion, mais pas entre les deux, pas de bouse consensuelle et superficielle. En gros, La Vague promet beaucoup mais n’apporte au final pas grand chose tant la réflexion sur le totalitarisme/fascisme se heurte à la vision fondamentalement manichéenne et empreinte de clichés de l’adolescence (la rebelle aux dreadlocks, le garçon torturé mal dans sa peau qui trouve en le modèle fasciste une raison de vivre et qui fait tout merder, le garçon sans famille qui s’en trouve une dans ce groupe fascisant etc, etc, etc), la manière de filmer “coup-de-poing”, et l’absence totale de profondeur (psychologique, philosophique : ce n’est pas en tapant du pied et portant des chemises blanches qu’on met en place un totalitarisme aveugle) du film qui n’invite absolument pas à la réflexion mais à la contemplation sourde. Bref, une vraie déception qui prend les jeunes, donc le public majoritaire, pour des cons. A télécharger comme ça, pour voir.

Just Be Daft.

mars 23rd, 2009 § 4

Hader, Better, Faster, Stronger. Qui ne connaît pas cette désormais plus que célèbre rengaine des Daft Punk issu de leur tube interplanétaire éponyme ? On se souvient tous également de l’engouement formidable du web pour cette chanson avec diverses performances créatives et loufoques que je vous remets dans la tête rapidement :

Il y a d’abord eu les Daft Hands, ou un freak quelconque nous étalait sans pudibonderie aucun sa dextérité au grand jour, et c’était classe :

Puis il ya eu les Daft Bodies, plus sexy, plus féminin avec une inventivité notamment au niveau des masques qui laissait perplexe avec un goût de métal dans la bouche :

Enfin il y a eu la Daft Girl, qui est la plus réussie selon moi, ou une meuf qui danse bête de bien avec son bonnet de rastafari s’excite à mort sur HBFS et retouche/speed/hache le tout sur un quelconque logiciel de mixage vidéo. So groovy.

Et aujourd’hui dans la série “les Daft Punk font des émules”, “les Daft Punk seraient en train de composer un nouvel album, parlons d’eux”, un mec a créé un site où tu peux te harder, better, faster, stronger by yourself, et ça c’est bien fun fun funzyyy etça va te faire perdre environ 4 minutes le temps d’être synchro avec l’original. Bisous.

iDaft, le site

iDaft, le site

Le billet cinéma : Welcome, de Philippe Lioret.

mars 22nd, 2009 § 0

Salut. Je ne sais pas si je vous l’ai dit, mais je vais pas souvent au cinéma et quand j’y vais j’en veux pour mon argent. En l’occurence, mercredi dernier je suis allé voir un putain de film intimiste français engagé etc etc au cinéma un peu indé’ de Poitiers du coup la place coûtait seulement 4 euros alors ça allait à la limite.

Bon. Welcome c’est le film qu’a détesté Eric Besson (ministre de l’immigration VS identité nationale) car il n’aimait pas le message véhiculé et qui lui a du coup fait une pub d’enfer.

Vincent Dindon et son pote Bilal papotent les pieds dans le crachin

Vincent Dindon et son pote Bilal papotent les pieds dans le crachin

6/10

Le speech : Un homme, Simon Calmat, je crois, incarné par Vincent Dindon, maître-nageur, la cinquantaine, comme les autres, vit sa petite vit d’homme en procédure de divorce qui kiffe encore grave sa femme. La ville, Calais, ses ports gris, iodés, son désespoir ordinaire, sa clique d’immigrés en situation irrégulière. Un garçon, Bilal, immigré Kurde qui veut rejoindre l’Angleterre pour retrouver sa donze, Minâ (comme ma chatte, ça ne s’invente pas HAHAHAHAHA) une meuf au bête de boule et aux yeux frétillants. Une mer, la Manche, qui lie Calais et l’Angleterre. Des clandestins prêt à tout pour passer de l’autre côté. Ca y est, vous avez fait le rapprochement ? Sur le thème de la filiation, l’entraide etc. Vincent Dindon va aider le jeune garçon à passer en Angleterre. Etc etc. Film prétexte à un coup d’oeil sur la situation dramatique de ces gens prêts à tout (deux trois scènes assez choc au début du film).

J’ai aimé :

- La psychologie du personnage de Vincent Dindon, qui, pour une fois se trouve être un anti-héros complet : il aide en fait le garçon pour impressionner sa femme, se laisse prendre au truc, m’enfin de manière ambigue. Bizarre, dissonant, intéressant. La manière dont sont montrés les flics, du moins le commissaire, ambigue elle aussi.

- La voix dissonante d’un cinéma actuel trop lisse et consensuel, un film qui s’attaque au problème crucial de ces populations immigrées, en permanence à la recherche of a place to be, en montrant une réalité assez crue, quoique romancée. Mérite d’être un film “engagé”, quoiqu’assez univoque et bien orthodoxe dans le message délivré. (bien sûr que c’est une catastrophe et que le charter n’est pas une solution)

J’ai pas aimé :

- Le côté cliché : histoire d’amour en perte de vitesse, en fait non, en fait si, c’est la merde. Filiation, amitié qui se noue, effusion de larmes, quête du grand amour etc. Des méchants flics, des méchants voisins, des gens “comme il faut” et des gentils bénévoles bien concernés. Paye ton manichéisme un peu primaire. En gros l’histoire c’est du vu et du revu.

Si vous pouvez payer la place 4 euros allez le voir, vous apprendrez au moins comment échapper à un contrôle mécanique de CO2 dans des camions réfrigérés transportant de la bouffe par la frontière. Avec un sac plastique, par exemple.

Bisous.

Le billet cinéma

février 22nd, 2009 § 0

Salut. Je vais pas souvent au cinéma mais quand j’y vais j’en veux pour mon argent. Ou alors je me le fais payer. C’est ce qui s’est passé hier soir avec The Wrestler, le nouveau film de Darren Aronofsky, qui en plus d’être polonisant a fait Requiem For a Dream qui est un film tellement bouleversant que je ne l’ai pas vu.

The Wrestler :

Un film saignant

8/10

Je suis le genre de mec qui aime mettre des notes pour tout et n’importe quoi, ça rentre dans ma logique de petit bouseux ex-cartésien reconverti en connard littéraire pédant et verbeux. Le choix de la note n’est en fait absolument pas puisque mes appréciations cinématographique se limitent à : j’ai détesté/pas aimé/moyen aimé/aimé/vachement aimé/kiffé la vibes. Avec quelques petites subtilités à chaque fois genre “histoire de merde mais jolie lumière”. M’enfin passons.

The Wrestler c’est l’histoire d’une ex-star du catch (Randy “Ram” Robinson (le bélier en VF) vieux et stéroidé plongé dans la misère qui se bastonne encore dans des zones industrielles défavorisées qui sentent la pisse et le round-up pour survivre. Ravagé par le temps, les coups, et la dope nécessaire à l’entretien d’un corps martyrisé.

C’est Mickey Rourke qui incarne ce personnage principal. En gros il ne l’incarne pas, il l’est. C’est limite une décalcomanie de la vie de Rourke, de la gloire à la chute, la misère, la déchéance. Etc etc. En gros il signe ici le rôle de sa vie : touchant, bouillonant, ravagé, blond péroxydé, stéroidé tout ça à la fois.

Certains passages du film sont d’une violence rare genre les combats de catch à coup de barbelés où les mecs sont tellement confits dans la dope qu’ils ne sentent rien, mais aussi l’envers du décor de ce sport qui fait un tabac aux USA : les vestiaires, la mise en scène, mais aussi l’état des mecs 20 ans plus tard… tout ça te fout tellement de claque dans la gueule que ça te fait badder à mort.

Ensuite il faut bien émailler cette histoire d’une vie perdue avec quelques rencontres, renouements, dénouements. Le Bélier veut renouer avec sa fille car il se sent seul lorsque le catch, sa raison de vivre, de survivre l’a abandonné. Prétexte à des effusions lacrymales un peu clichées, il faut le dire. On the other-side le personnage de la strip-teaseuse plus très fraîche, alter ego féminin du Bélier, encore un amour impossible etc. Cliché aussi mais on passe tellement le film nous bouleversifie : normal, un film sur la perte, la déchéance, la misère et le désespoir c’est pas le genre de truc qui fait sourire. Bon, ya quelques passages rigolos quand même. Mais pas beaucoup.

Bref, si vous voulez aller voir un beau film un peu en dehors des sentiers battus du beaux, allez voir The Wrestler. Mais si vous être d’humeur déprimée ce soir, retournez-y un peu plus tard parce qu’il laisse un goût bizarre dans la gorge.

A noter que la fédération de catch, qui au début conchiait le film, voudrait le récupérer maintenant. On se demande pourquoi…

Bisous.

La chanson du jour 9

février 21st, 2009 § 0

Salut. En ce moment je suis en vacances et je branle rien. J’ai envie d’écrire des trucs mais ça vient pas comme ça. L’idée de faire un billet “Chanson du Jour” par jour c’était bien mais en fait du coup j’écris plus grand chose à côté. Promis je vais essayer de m’y remettre. Du coup j’écoute plein de musique et aujourd’hui, un track afro-jungle-house de Jam da Silva. Je connais pas en vrai mais ça déchire absolument tout.

Jam da Silva, Dub das Cavernas

Bisous

Le billet cinéma

février 10th, 2009 § 0

Je vais pas souvent au cinéma alors quand j’y vais autant vous dire que j’en veux pour mon argent. Je crois que j’avais déjà dit ça il y a longtemps mais j’en ai rien à branler. Vous l’aurez compris, ce billet va parler de cinéma.

En deux jours je suis allé voir deux blockbusters américains : Walkyrie et l’Etrange Histoire de Benjamin Button (qu’on appelera Benjamin Button pour simplifier voir BB).

Je vais d’abord vous parler du moins bon, le premier.

Walkyrie, de Brian Synger.
5/10

Walkyrie c’est l’histoire du colonel nazi Stauffenberg ou un nom du genre, qui, avec d’autres potes nazis, veut renverser Hitler en l’assassinant pour mettre fin à la guerre et aux horreurs perpétrées par les nationaux-socialistes (on dira plus volontiers nazi, c’est plus pimpant). Autant dire que cette tentative (la 14ème et dernière dans la résistance allemande) d’assassiner Hitler nommée Opération Walkyrie a échoué, sinon la plupart de tes potes s’appeleraient Levy ou Goldstein.
Là est donc la principale difficulté du film, par la contradiction entre son genre et le scénario tracé d’avance. Walkyrie se veut un policier. Or, comment réussir à faire prendre la sauce d’une histoire dont on connaît déjà le dénouement ?
Bryan Singer aurait pu choisir de faire un film historique, mais il en a décidé autrement. C’est sous le signe du suspense que va s’orienter son film durant 2 heures. On voit peu à peu comment le plan se met en place, on tremble pour ces gros boches au gré des péripéties. Puis petit à petit on se détache du film, comme si l’intrigue était secondaire puisque connaissant le dénouement. De cette distance critique naît une nouvelle vision du film, où on peut plus apprécier le jeu des acteurs à sa juste mesure.
Tom Cruise, le personnage principal, est assez mauvais. On retiendra cette citation :

“Tom Cruise joue mal, même quand il est mort.”

Les autres acteurs sont bons, surtout celui qui joue Jean-Pierre Hitler avec folie mélancolique.
Mais cette contradiction dans l’essence du film ne suffit pas à faire monter la sauce. On n’accroche pas, ou plus. Brian Synger échoue donc à faire tenir son polar sur un scénario historique en dépit des scènes spectaculaires, qui, avouons-le, nous émoustillent l’anus.
Déception donc. Mais en même temps un film avec ce gros connard de Tom Cruise ca me ferait mal au cul de l’aimer. Sauf Mission Impossible, mais spa pareil.

L’Etrange Histoire de Benjamin Button, de David Fincher
9/10

3 ans après Zodiac, Fincher, le réalisateur le plus surestimé de l’histoire du cinéma revient avec son gros blockbuster Benjamin Button à l’affiche bandante : Brad Pitt et Cate Blanchett.
Mais c’est surtout le scénario qui fait le plus mouiller : Benjamin Button, incarné par Brad Pitt, naît vieux. Et rajeunit, au lieu de vieillir. Une horloge biologique inversée donc, prétexte au burlesque, à la magie des effets spéciaux en image de synthèse à couper le souffle, mais surtout au grandiose et à la tristesse du temps qui passe, des adieux inéluctables.
En gros le film se base sur l’histoire d’amour entre deux personnes pour qui “la vie n’a pas le même sens”. Pendant 2h45, on suit la vie de Benjamin Button, sans AUCUNE longueur et ses tribulations émaillées de rencontres amoureuses avec la MEUF de sa life. Le film est un bijou. Du genre qui s’achète et qui se conserve chez soi.
Visible par tous les âges, du divertissement à la philosophie (ouais le thème de la vieillesse, la jeunesse éternelle etc), il contentera tout le monde. Une atmosphère magique qui vous saisit dès le premier instant.
Fincher a su conserver son second degré si caractéristique qu’il avait su utiliser dans Fight Club, LE film générationnel s’il en existe un. Les acteurs jouent très bien, très juste. Brad Pitt est excellent. Incroyables performances du numériques qui donnent une impression saisissante de réalité. A noter deux trois plans ou on jurerait que Brad Pitt pose pour une pub pour un parfum. Sand doute des clins d’oeils.
En bref, ce film est une hymne à la vie, à l’amour, à la mort durant lequel on ne voit pas le temps passer, où on reste scotché à son siège, où l’on rit, où l’on pleure, où l’on tremble. On en sort plein, heureux, et avec l’impression d’en avoir appris un peu plus. Ce qui est rare pour un blockbuster.
David Fincher signe donc LE blockbuster de 2009. Sensible, beau.

Courrez-y.

Tu disparais, de Damien Jean

janvier 31st, 2009 § 2

Alors que Janvier et quelques enfants dans le Sud meurent doucement écrasés par des troncs d’arbres dans la froideur humide et la colère venteuse je ne peux m’empêcher de vous écrire un petit billet pour marquer le coup.

Dans les faits marquants de Janvier on aura vu Jean-Marie Obama faire son investiture et rater son prestage de serment ce qui est de mauvais augure pour la suite en pariant pour le Vendredi 13 Février 2009 pour la date de son assassinat les côtes sont plutôt honnêtes je compte me faire pleins de fric, mais surtout l’explosion de Damien Jean ce talentueux auteur-compositeur-chanteur à textes empreint d’un naturel franchouillard d’un front plat et d’un air débonnaire et d’une ressemblance troublante avec Jerôme Kerviel qui lui donnent toutes les cartes pour faire un tabac chez Pascal Sevran si celui-ci n’était pas mort et antisémite.

Aujourd’hui, 31 Janvier, Février moins peu de minutes, Damien Jean publie sa nouvelle tuerie “Tu disparais” assortie d’un clip qui nous montre que derrière ses dehors tapageux, dragueur-frimeur-flambeur Damien Jean est aussi un être sensible qui oublie de se raser boit quatre bières de suite et se frotte contre des fauteuils en cuir terni style champêtre lorsqu’il pense aux ébats chlorés et colorés qu’il a eu dans la piscine de Souppes-sur-loing avec une de ses maintenant nombreuses groupies. Comme quoi la célébrité ca a du bon :

Rendez-vous demain ou dans le courant de la semaine pour la playlist de Février et des maxi-objets mystères.

La bande annonce d’OSS 117 : Rio ne répond plus

janvier 19th, 2009 § 2

Salut mes ptits loupinous ! Alors que la rentrée sévit dans mon coeur froid - et d’ailleurs pourquoi dit-on sans cesse la rentrée si ce n’est par contraction abusive de re-entrée (ya un mot pour dire cette annulation d’un son voyelle bordel j’ai la tête tellement en vrac que je ne m’en souviens plus) puisque cela suppose qu’il y ait déjà eu une entrée et alors dans ces cas là pourquoi et quand entrée ? ou alors rentrée vient du substantif rentre qui lui même vient de ta mère et en ce cas le participe passé nominal serait plus adéquat à sa connotation à savoir le redémarrage brutal et sans pitié d’un bourrage de crâne abusif mais, ne le nions pas, intéressant ? - et qu’outrageusement je t’apparte violamment te deconstruisant ainsi le cerveau de ma prose assenée sans concessions PUTAIN OUAIS C’EST UNE APOCOPE, il me paraît alors de bon aloi de détendre quelque peu l’atmosphère par une vidéo débile et/ou des sons délirants.

Aujourd’hui, ce sera la bande annonce de la suite très attendue de OSS 117 : Rio ne répond plus qui sort en Avril :

Bon d’accord ça nous laisse un peu sur notre fin, il faudra encore patienter jusqu’en Avril ! D’ici là on peut toujours matter le clip de Damien Jean en boucle !

AHAHA NON EN FAIT C’ETAIT UNE ELLISION UNE ELLISION BORDEL !

Bisous

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