juillet 30th, 2009 §
Je pousse la porte du MacDonald. Ce soir j’ai décidé de manger de la junk-food. C’est une décision rare et lorsque je la prends c’est en mon âme et conscience. Je cautionne alors de tout mon être l’orgie qui va s’en suivre. L’orgie de bouffe. L’orgie de gras. La luxure de triglycérides. Le culte dépravé du cholestérol.
La queue est toujours longue à onze heure du soir. J’aime ça. Le MacDonald c’est un rush géant qui ne s’arrête jamais. Il n’y a pas d’heure pour aller au macdo puisque l’on n’y mange jamais vraiment. Oh, toute cette foule agglutinée devant les caisses, cette chaleur humaine et moite et collante, ce prélude à la graisse qui coulera sur mon menton, sur mon torse, sur mes couilles, cette graisse dont j’enduirais mon corps jusqu’à ce que mort s’en suive, toute cette foule me fait chaud au coeur. Je veux me noyer dans la friture. Je veux vomir partout. Je veux chier mou. Mou. Je suis collé aux autres gens, mon souffle se fait court. Je n’ai plus qu’un objectif : le menu maxi-best of qui me tend les bras. Je suis tellement concentré que les piaillements incessants de la progéniture lobotomisée des cas sociaux environnants m’irritent au plus haut point. Je décide de tuer un nourrisson pour calmer le jeu. J’arrache ses entrailles à main nue et j’en fais des guirlandes, mais pas trop, je conserve le reste dans mon sac à dos au cas où. La mère râle un peu mais pas trop je lui fais t’inquiète pas je te paye ton repas mais je t’en supplie tiens les un peu ou je t’inciserais la carotide avec mes dents luisantes pauvre pute.
Le MacDonald me rend irritable. Je ne suis plus un être humain. Je suis un prédateur. Je suis un consommateur.
Je mange mon gros Big Mac. Oh oui, il est bon, oh oui que j’aime son goût sans surprise, que j’aime cette bouillie acidulée qui titille ma glotte.
Les potatoes sont un véritable régal. Je les mange à pleines mains. J’en prend des poignées. Je n’oublie bien sûr pas de dégueuler toute la sauce blanche dessus au préalable. Je les enfourne dans mon gosier. Le mélange de graisse et de sauce blanche sur ma frimousse animale et réjouie me fait penser à ce gonzo ukrainien que j’ai vu hier soir. Le cadrage est mauvais vacillant mais les acteurs se donnent à fond. L’adorable petite fille blonde, qui est sans doute montée à la ville pour envoyer un salaire régulier à ses parents paysans, baigne dans une invraisemblable flaque de sperme de la tête au pied. C’est le Titicaca du Q. Le Styx du X. Elle se noie dans la sauce blanche creamy potatoes. Elle crie, elle a sans doute mal. Peut-être qu’elle le veut encore son Big Maq. Cette petite scène ne jurerait pas dans un documentaire satirique de Michael Moore sur les dangers de la malbouffe/mondialisation dans le cadre d’un habile parallèle/métaphore/analogie/mise en relation de la déshumanisation inhérente à nos sociétés modernes névrosées. Mais je m’égare.
Le plus important est que vous sachiez qu’à ce moment précis plus rien d’autre ne compte que moi et mon plateau rempli de victuailles. C’est un festin. C’est une orgie romaine. C’est la cène et je respecte l’eucharistie moderne à la lettre. Je suis un dévot du dieu-clown-allégorie ambiguë Ronald.
Lorsque l’on gît au MacDonald, on ne mange pas. On ne se nourrit pas. On avale. Nous sommes réduit à nos fonctions animales premières, perverties par la société de consommation. Nous sommes les parfaits petits agnus du Dei Ronald. Mais nous n’enlevons pas les pêchés du monde. Nous n’expions rien. Nous ingurgitons avec satisfaction de la merde en quantité astronomique bien calés dans nos sièges industriels crèmes et cafés. Nous nous repaissons joyeusement du péché. Nous croquons le fruit défendu. Et nous l’arrosons d’un maxi Coca.
Lorsque l’on gît au MacDonald nous n’aimons pas notre prochain. Nous sommes animaux et rien ne compte que la pitance. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’égorge mes voisins de table. Pour piquer leurs Royal Deluxe. J’ai encore faim. Tout cela est mollement horrifiant, n’est-ce-pas ? J’ai tellement faim pourtant. C’est insupportable, c’est insoutenable, c’est inexpugnable. La faim me dévore me ravage. La satiété est l’éden impossible à atteindre dans la religion MacDonald. Un Mac Flurry ? D’accord. Oh, je vois que je peux le faire moi-même, c’est bien urbain, c’est sympa de flatter l’instinct créatif du chaland dis-donc, c’est vrai qu’à MacDonald les fidèles sont bien traités, c’est une religion humaniste et j’apprécie beaucoup cela, le choix oui le choix des boissons équilibrées des salades des menus des sauces avec une paille. Alors donc oui donc de la sauce au chocolat une bonne rasade s’il vous plaît ainsi que du daim oui beaucoup et si vous étiez mignonne vous me rajouteriez aussi quelques petits bouts bien hachés de cet abats de bébés que je vous sors maintenant de mon sac non je ne plaisante pas est-ce que j’ai l’air de plaisanter on ne joue pas avec la nourriture c’est sérieux cette histoire.
Non vraiment je ne comprends pas j’ai encore faim, ça commence à bien faire cette connerie du supplice de Tantale moderne. Bon écoutez cette fois ça suffit j’ai compris votre petit jeu c’est une caméra cachée on se fout de ma gueule je mange du plastique de la gélatine du faux du toc c’est pour ça que je désire sans cesse ardemment me nourrir rien ne me sustente au fond j’ai comme un vide, un gouffre. Tout rentre et rien ne comble. Je me sens très mal, il m’en faut plus.
Vous comprenez ?
Vous comprenez bordel ?
Il m’en faut plus il m’en faut plus.
Ma carte de crédit ne passe plus comment ça il est déjà 3 heures du matin on ferme mais qu’est ce que c’est que ces conneries comment traite-t-on ses fidèles ici dans ce havre de paix humaniste qui comble les désirs les plus fous vous n’êtes vraiment pas très sympa mais vos arguments bassement matériels ne peuvent rien contre mon idéalisation pure de ce lieu de ce sanctuaire coupé du monde. Vous ne pouvez rien faire pour moi vous êtes désolé est-ce que je veux pas une petite casquette clown ronald un ballon vous avez des trucs à me filer mais vous pouvez faire quelque chose pour moi je vous arrête tout de suite oh non ne prenez pas cette tête quand je sors ma tronçonneuse de poche et que je mets un masque de clown fort à propos ne vous inquiétez pas on est seulement au plein cœur d’une logique sacrificielle/cannibale qui doit achever de manière logique ce stupide pamphlet bordélique et grossier et progressif. Il est vrai qu’il est difficile d’instiller l’horreur désabusée je m’excuse d’avance pour les dégâts occasionnés je m’entraîne beaucoup le langage est beau à manier taisez-vous j’ai dit taisez-vous. Je ne sais pas encore trop comment je vais faire tout ça mais l’idéal serait que vous ne bougiez pas trop. Si j’ai bien compris c’est le seul moyen de se sortir indemne de ce supplice moderne, de cette mise à l’épreuve divine, l’éden, la satiété, la purification par le feu, tout ce genre de choses hautement référencées qui signifient que vous allez mourir dans d’atroces souffrances que vous serez des martyrs.
Je vous charcute, oh oui, je vous charcute et vous découpe serveurs sous payés, employés d’été, messagers divins, suppôts aveugles je vous tranche à la tronçonneuse Black & Decker sur les délicates tables en PVC, sur les charmants tabourets en inox. Je fais des lambeaux de vos corps adipeux et exsangues, j’en fais des tranches nettes et propres.
Je vous fais frire. Je vous fais cuire. Vous êtes mes morceaux de choix. Vous êtes ma décision à moi. Vous êtes ma cérémonie finale. Vous êtes mon Big Mac suprême. Vous êtes ma réponse. Vous êtes ma vérité. Entredévorons-nous. Jouissons-en.
Je m’appelle Ronald MacDonald. Je vous domine.
Venez comme vous êtes.

juillet 27th, 2009 §
Ce soir, c’est la chasse aux nègres. Je suis tout fébrile et excité à l’idée de commencer ce nouveau jeu qui me promet milles plaisirs chafouins. J’y pense longtemps avant le début. J’en frémis à l’idée. Mon corps devient moite. Je me mets un peu de Daft Punk dans le mp3, ça me stimule, ça me motive, ça me mets dans une état second. Une transe. Une possession divine. Je ne pense plus qu’à une chose.
A caillasser du nègre. Abimer leurs corps d’ébène. A les buter. Les tuer. Les annihiler. J’irais les chercher dans leurs trous à rat. A la grenade. Pas de quartier. La chasse aux nègres est ouverte.
J’y mets tout mon coeur. J’y mets toute mon âme. Mais dans ce jeu délicieux, des forces transcendantes s’opposent. Il ne s’agit plus de moi ou des nègres. Il s’agit du Bien et du Mal, du Blanc et du Noir, opposé dans une lutte fatricide dans laquelle un seul doit sortir vainqueur. J’espère que ce sera moi. J’espère que mes uzis chauffés à blancs transperceront bien leur peau tannée, je veux des trous dans leur peau, je veux voir le sang gicler, couler. Je veux boire du sang de nègre. Je veux m’en abreuver. Ils me provoquent déjà. Ils louvoient autour de moi et me bouscule. J’interdis à quiconque de me bousculer. Alors je sors ma batte de base-ball. Et je les défonce un par un. J’éclate leurs têtes grossières. J’expulse toute ma haine de ce monde qui me rejette. Toute cette frustration que j’accumule chaque jour au travail lorsque mon patron me force à avaler ses couilles en cachette. Je déverse mon torrent de haine. Je sublime mon Oedipe refoulé. Ma bite d’adolescent frustré que j’aimerais fourrer dans ma mère. Mon katana gagné à la foire que je polis en secret dans l’espoir de suriner violemment mon géniteur. Oui, ce sont ces névroses adolescentes, ce sont ce mal-être insidieux que je transforme en haine aveugle envers la race nègre. Je suis une haine vorace. Je suis l’ange de miséricorde.
Je ne connaitrais pas le repos ni la paix tant que je ne pourrais pas tuer autant de nègre que je voudrais à mains nues. Mmmmh oui… en quelques coups de poing, il est à terre et gémit. Cette force surnaturelle que j’ai au combat, je l’ai acquise à force de sueur, en écumant les bancs noircis de la salle de musculation du tiéquar. Je suis une vraie boule de muscle. Je suis un colosse innataquable et je domine le nègre. Il est à terre et me supplie du regard. Je me couche sur lui et lui assène des directs du droit. Tout mon corps est concentré dans cet énorme poing feraillé. Je lui décroche la mâchoire. Lorsque j’ai fini de le cartonner, son visage est tuméfié, on ne reconnaît plus rien. Plus qu’une masse informe noirâtre, faite de sang, d’os et de peau. J’en ai fais de la bouillie, de la charpie humaine.
Mais attention, mon travail n’est pas terminé. Je suis perfectionniste. Je me relève et le piétine au niveau du thorax et casse ses côtes une par une. Cela craque. C’est un son doux et mignonnet qui m’enchante. Je continue jusqu’à ce que le sang gicle et m’éclabousse. Je rigole, mon dieu que je rigole, l’extase s’empare de mon être, je me sens vivre enfin, dans ce tourbillon de violence et de joie furibarde. Je bande, mon dieu que je bande. Je ne veux plus lâcher le coup du nègre. Je l’ensserre. Je m’y blottis. C’est mon doudou à moi. Mon nin-nin. La chose qui me tient compagnie dans mes nuits de cauchemars. Ma bouée d’ammarrage. C’est la réminiscence de mon enfance malheureuse.
Je suis quelqu’un de simple. Je ne me pose pas de question. Je suis musclé et j’aime tuer des gens, j’aime tuer des nègres.
Je débranche GTA et je vais me coucher. Je me sens bien. Plein.
juillet 23rd, 2009 §
Je m’appelle Pierre, j’ai 17 ans, bientôt 18, mon rêve est de ressembler à ces grands écrivains cyniques et lucides qui ont tout compris à la vie, prennent du Prozac, meurent dans l’oubli et la déchéance métastasés gangrénés à 50 ans. J’affute ma plume dans ce blog, cette porcherie nauséabonde, et parfois je rêve que des gens connus et influents viennent réagir à ma haine stérile et me donner des gallons d’existence. J’entends par-là que la haine et le fiel donnent sens à ma vie. Ma vie de merde. Ma vie dégueulasse. En attendant ce moment, je fais dans la provocation stérile et l’insulte raciste, misogyne, antisémite. En fait je suis mal dans ma peau. Je rêve de trouver l’amour. Je rêve de trouver enfin une petite chagasse consentante qui me serrerait fort dans ses bras graciles et friables en me murmurant des mots d’amour. J’aime à afficher mon cynisme partout. J’aime à tourner en dérision toutes les convictions. C’est peut être parce que je n’en ai aucune. Oui, je ne crois en rien. Même pas en moi-même. Je crois tellement peu en moi que j’écris des choses vraies sur moi d’une manière répugnante dans un blog vert et orange fluo. Je suis une merde. Je suis une sous-merde. Je suis la sous-merde du Web 2.0 qui se prend pour quelqu’un de bien parce qu’il sait aligner trois mots compliqués à la suite et produire des tournures incisives. Je me repais de ma merde. Je m’y complais. Je renifle la fange comme le porc lamentable que je suis. Je fais des petits bruits gutturaux en mangeant de la merde pourrie. J’aime me rouler par terre comme un animal. J’oublie tout. Je pleure de joie. Je retourne à l’état de nature de cet enculé de Rousseau qui avait tout compris, même s’il était irrascible, parcequ’il était irrascible. Je n’évolue pas. Je fais semblant. Je voudrais déséspérement produire quelque chose d’utile et d’intéressant mais ma flemme naturelle et mon manque de confiance en moi font avorter toute esquisse de projet possible dans mon cul. Alors je regarde des séries américaines en mangeant des sucreries. Pour compenser, je fais irrégulièrement un peu de sport pour correspondre aux critères de beauté imposé par la société. Je veux un corps musclé. Je veux être aimé. Je vais mal. Je suis un être malsain qui finira rongé par les regrets et les remords, comme le cadavre de Ben Barka dans une bassine d’acide sulfurique. J’essaie de me rassurer en me disant que je suis jeune et que le champ des possibles m’est ouvert. Comme les chattes purulentes des prostituées mineures cambodgiennes. Ces comparaisons sont ridicules. Elles ne sont même plus choquantes. Rigolotes. C’est un réflexe. J’ai la haine et le sarcasme en réflexe pour me protéger du monde. Car je suis lâche. Oui, c’est le trait caractéristique de ma personnalité. Je suis un gros lâche. Un tacheron. Le champ des possibles me fait peur. Le champ des possibles est une connerie. C’est tellement une connerie que je préfère l’oublier comme la bouse pusillanime que je suis, en regardant en direct la Méthode Cauet. Oui, j’aime ces émissions, ces symboles décadents de l’exception culturelle française. J’apprécie de me vautrer dans l’idiotie généralisée de l’uniformisation médiatique. Même mes discours de révoltes sont stéréotypés. Je crache sur la société, sur le monde entier, sur les stéréotype. J’en suis moi-même un. Je suis le stéréotype du jeune insolent. Pire, je suis le stéréotype du jeune insolent lucide. Je regarde la télé lorsque j’écris tout cela. Je vois des pubs pour l’iPhone 3G S. Il me fait bander. Ses multiples fonctionnalités qui me relient au monde entier sont vertigineuses. Tourbillonantes. Flippantes. Mais comme je suis une sale pute lucide et cynique stéréotype de l’intellectuel mou de gauche en devenir je conchie l’iPhone 3G S, symbole ultime de la dégénérescence programmé de la civilisation assujettie à la connexion permanente. Eh oui, je bande quand je produit ces petits discours idiots et anticonformistes de jeune pute sournoise et moralisatrice. Ca me donne l’impression d’exister, l’impression de réfléchir. Alors qu’au fond je désire me vautrer dans la facilité et la consommation. J’aime à produire des discours critiques. A travers ceux-là, je ne cherche pas à éveiller les conscience. C’est moi que je regarde. C’est moi que je contemple. Je suis fier de moi. Je suis fier de faire des bouses insipides. Je suis fier d’être une bouse insipide. Mon discours anticonformiste est conformiste. Je suis narcissique. Je suis une merde. Je suis un paradoxe. Je suis condamné à être malheureux. Je suis plein de haine. C’est inexpugnable.
Je regarde la Méthode Cauet sans le son. Je vous emmerde.