Michael Jackson est mort et tout le monde s’en fout.

juin 26th, 2009

Michael Jackson est mort et tout le monde s’en fout. C’est la flambée des réseaux sociaux numéro 1 sur l’information, Twitter et Facebook. Triplage du trafic. Pseudos en chaîne sur la mort du mec, traînée de poudre, échanges choqués, interrogations, rumeurs, indignations, blagues graveleuses, hommages, ergotages, over-diffusion etc.

Je pense qu’en fait on s’en fout complètement de la mort de Michael Jackson : on jouit dans la flambée du modèle médiatique du “tout-connecté”. Cette mort est prétexte à une espèce de test grandeur nature de l’universalisme médiatique : puisque Michael Jackson est une icône “globale”, sa mort doit l’être également, et elle l’est effectivement grâce à Internet d’abord, puis les médias traditionnels ensuite, qui créent une sorte de quadrillage médiatique ahurissant qui confine à l’idolâtrie, à la manière de l’obamania puissance 10000.

Je pense qu’il est judicieux de se demander pourquoi y-a-t-il une telle effervescence dans le monde “connecté” et médiatique (ce qui revient à dire “le monde réel” dans le cadre occidental…) ? Est-ce effectivement une réaction sincère et personnelle à la mort du roi de la pop ou plutôt, comme je le crois, une sorte de test inconscient et jouissif du dialogue autiste entre l’homme et le monde connecté ? En gros : Michael meurt, je suis un peu choqué, j’en fais tout de suite part sur mon twitter et mon facebook pour informer le monde entier et signifier que j’existe à travers la mort du mec. Je teste ce grand réseau global à travers la mort de cet artiste global. J’éprouve l’universalisme médiatique dopé par le réseau social dopé par l’artiste universel, je constate qu’il fonctionne effectivement et pire encore,  je suis fasciné, je me branle le manche, je suis d’autant plus bouleversé par cette mort qu’elle est partout et nulle part à la fois. Elle est déréalisée par le média par son omniprésence sous toute les formes. Finalement, j’en ai strictement rien à foutre de la mort de Michael Jackson, et à travers ce fait naturel,c’est moi et mes petits comparses occidentaux que je contemple vivoter (je contemple l’autre et je me contemple aussi par la même occasion, bla bla bla, miroir, narcissisme, fascination) dans le monde asujetti au nouveau paradigme médiatique qui voit le réseau social prendre le pas sur le média traditionnel, l’amplifier, l’influencer, le déformer. Un espèce de pudding indigeste, dont on peut contempler actuellement le résultat, l’étron fumant.

Face à cela, il apparaît absolument nécessaire d’être iconoclastes, et surréalistes. Je commence : comment appelle-t-on la bite de Michael Jackson ? La vérité. Parce que la vérité sort toujours de la bouche des enfants.

A part ça j’ai réécouté History. C’était bien.

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